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5e édition
Meeting Aérien
21 & 22 septembre 2024
Aéroport Sud de France Carcassonne

TRACKER T24

Les 21 et 22 septembre, les milliers de spectateurs de Carcassonne vont découvrir un Tracker immatriculé F-AYBD. Il appartient au musée Européen de l’Aviation de Chasse, basé à Montélimar et à l’Amicale des Avions Anciens de la Drôme.

Ce Tracker T 24 est un rescapé. Arrêtés de vol en décembre 2019 et mis à la retraite de la Sécurité Civile en février 2020, ces bombardiers d’eau bimoteurs, équipés de deux réservoirs de carburant externes ont permis de lutter contres les incendies pendant 38 ans, à partir de 1982. Ils étaient basés à Marseille-Marignane. Ils ont longtemps attendu, à Nîmes, que leur sort soit fixé. Le travail combiné de l’Amicale des Pompiers du Ciel et du Musée de l’Aviation de Chasse (qui dispose de 80 avions de légende) l’ont amené récemment à reprendre l’air comme avion de collection.

Celui-ci, le T 24, a eu une histoire mouvementée. Ce S2F-1 sorti d’usine en janvier 1957 est affecté à la base de Willow-Grove (Etats-Unis) avant d’être transféré chez les Marines de l’US Navy à Quantico, près de Washington. En décembre 1980, il intègre les réserves stockées à Davis-Monthan. En 1984, il est revendu à Conair, une société canadienne spécialisée, pour une conversion au standard Firecat (lutte anti-incendie). Il est convoyé jusqu’à Marignane où il arrive en juin 1985. Le 24 février 1988, l’avion, avec à bord un équipage composé de Marc Foyet et Christian Le Flanchec est lourdement endommagé en Corse après avoir heurté une ligne à haute tension. Le fuselage lacéré mais les moteurs encore tournants, l’équipage parvient à le poser en urgence à Bastia. L’avion est réparé. Il retourne à Abbostsford, en Colombie Britannique en septembre 1998 pour sa remotorisation, mais il ne quitte le Canada pour la France qu’en juillet 2000 pour près de 20 ans de service.

L’avion est long de près de 13 mètres vec une envergure de plus de 21 mètres. Il est animé, à l’origine, par deux moteurs à pistons Wright R-1820 Cyclone, de 1 500 ch. lui permettant d’atteindre la vitesse de 320 km/h. Destiné à l’aéronavale, ses ailes repliables lui permettent d’être embarqué à bord d’un porte-avions. Son train d’atterrissage est tricycle. Conair a installé une soute d’une capacité de 3 292 litres en quatre compartiments de 823 litres fermés par quatre portes. Le bombardier Grumman Tracker n’étant pas un avion amphibie comme le Canadair, le remplissage de la soute se fait à terre en quelques minutes. Le largage peut être massif avec l’ouverture simultanée des quatre portes, à mi-capacité avec l’ouverture de deux portes ou les quatre portes successivement pour un largage à longue trainée.

En 1988, Conair a proposé de remplacer les moteurs par des turbopropulseurs alimentés au kérosène, plus accessible et moins coûteux que l’essence d’aviation. Ces moteurs sont des Pratt & Whitney PT-6A de 1 220 ch. Ces nouveaux moteurs permettent un gain de vitesse de plus de 40 km/h et une mise en œuvre plus rapide, une meilleure manœuvrabilité, un plein de carburant plus rapide (sous pression)… et un meilleur confort en cockpit, moins bruyant et avec moins de vibrations !

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